
Selon les chiffres du SDES (Statistique publique de l’énergie, des transports, du logement et de l’environnement) publiés le 12 novembre 2025, on assiste à une baisse encourageante de 400 000 passoires énergétiques en un an. En effet, la France comptait 5,4 millions de logements classés F ou G au diagnostic de performance énergétique (DPE) au 1er janvier 2025, au lieu de 5,8 millions. Cette comptabilisation, qui représente 12,7 % du parc résidentiel français, rappelle l’ampleur du défi qui reste à relever. Entre progrès réels et ajustements techniques, cet état des lieux exige une analyse précise pour comprendre les véritables avancées en matière d’amélioration de la performance énergétique des logements et les efforts qui restent à fournir.
Passoires énergétiques : une répartition inégale des logements de ce statut sur le territoire
Les passoires énergétiques ne sont pas situées de façon uniforme sur le territoire national. Certaines régions, caractérisées par un bâti ancien et des conditions climatiques rigoureuses, concentrent un nombre plus élevé de logements énergivores. La région Centre-Val de Loire occupe la cinquième position avec près d’un tiers de logements affichant une étiquette E, F et G au sein du parc locatif privé au 1er janvier 2025.
Le DPE, réalisé par des professionnels certifiés, permet d’établir un état des lieux objectif de chaque bien immobilier et de situer sa performance par rapport aux standards actuels. Cette expertise, indispensable pour sensibiliser à l’impact environnemental des logements, constitue le levier de toute démarche d’amélioration de la performance énergétique. Les opérateurs de DPE sont ainsi en première ligne pour accompagner les propriétaires dans leur compréhension des enjeux énergétiques et climatiques.
Grâce au DPE et à l’ajustement de sa méthode de calcul depuis le 1er juillet 2024 pour les petites surfaces, 160 000 logements sont sortis du statut de passoire énergétique.
Rénovation énergétique : accélérer ce type de projet est essentiel pour éradiquer les passoires
Pour atteindre les ambitions des pouvoirs publics en matière de réduction de l’empreinte carbone du bâti et éviter notamment l’interdiction de location des logements les plus énergivores, le rythme de rénovation énergétique doit s’intensifier. 240 000 logements sont sortis du statut de passoire thermique grâce à leur rénovation énergétique entre le 1er janvier 2024 et le 1er janvier 2025. Il s’agit d’une avancée importante mais insuffisante face à l’urgence climatique.
Les propriétaires disposent aujourd’hui de nombreux dispositifs d’aide financière pour entreprendre des travaux de rénovation énergétique. L’enjeu consiste désormais à mobiliser de façon massive les détenteurs de passoires énergétiques. Pour ce faire, il faut leur démontrer que grâce aux recommandations fournies par le DPE, la rénovation énergétique de leur bien, une priorité du point de vue économique et environnemental, est techniquement et financièrement réalisable.