
Alors que la réglementation amiante avant travaux concernant les ouvrages de génie civil, les infrastructures de transport et les réseaux progressera de nouveau dès le 1er juillet 2026 avec l’entrée en vigueur complète de l’arrêté du 4 juin 2024, deux nouveaux documents de référence viennent d’être publiés à l’attention des donneurs d’ordre et des professionnels du secteur. Parus en mars 2026 sous l’égide du CEREMA (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement), ces guides s’adressent respectivement aux maîtres d’ouvrage des travaux et aux opérateurs de repérage amiante avant travaux (RAAT) afin de mieux leur faire comprendre et appliquer la norme NF X46-102 de 2020 devenue obligatoire. Voici un aperçu sommaire de leur contenu et de leurs répercussions sur vos projets de travaux.
Amiante dans les enrobés bitumineux en 2026 : que doivent retenir les donneurs d’ordre ?
Jusqu’ici la complexité du cadre normatif introduit par la norme NF X46-102 de 2020 pouvait freiner certains maîtres d’ouvrage dans la bonne compréhension de leurs obligations. Le premier guide publié par le CEREMA en mars 2026 lève une grande partie de ces difficultés. Il rappelle que cette norme, contrairement à beaucoup d’autres, revêt un caractère obligatoire dans le champ réglementaire actuel. Pour rappel, tout donneur d’ordre doit s’assurer qu’un repérage amiante est conduit avant le lancement de travaux sur les ouvrages de génie civil, des infrastructures de transport ou des réseaux. Les travaux à effectuer au sein des enrobés routiers sont donc concernés. Ce nouveau guide insiste sur la nécessité de transmettre en amont un maximum d’informations à l’opérateur de repérage amiante, de ne pas céder à la logique du moins-disant lors du choix du prestataire et d’intégrer pleinement cette étape dès les premières phases du projet. Les conséquences d’un repérage amiante insuffisant sont lourdes : arrêt de chantier, surcoûts importants et mise en cause de la responsabilité juridique du donneur d’ordre.
Amiante au sein des enrobés routiers et aussi HAP, une autre recherche à ne pas négliger
Le repérage de l’amiante et la recherche d’hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) sont intimement liés et partagent une même logique en matière de prévention des risques professionnels. En effet, il s’agit d’identifier en amont deux substances dangereuses qui peuvent avoir un impact sur la santé des travailleurs, en raison notamment de leur caractère cancérogène. Il faut aussi organiser le traitement de ces déchets toxiques. Sur les chantiers de voirie et de réseaux, ces deux types de polluants se retrouvent fréquemment associés. Les enrobés bitumineux, fabriqués avant les années 1990, contiennent souvent des teneurs élevées en HAP, ce qui rend leur extraction ou leur fraisage particulièrement risqués en l’absence de mesures de protection. Faire appel à un diagnostiqueur immobilier professionnel certifié en repérage de l’amiante et des HAP, c’est avoir la garantie de disposer d’une identification globale des risques professionnels avant la réalisation de vos travaux de voirie. C’est aussi s’assurer que l’intervention de cet expert sera conforme aux exigences des guides du CEREMA comme à la nouvelle réglementation qui entrera en vigueur à l’été 2026.